La loi de Murphy existe-t-elle vraiment? 

On a tous des journées qui démarrent mal, et au début desquelles on se dit : C’est mal barré, la journée commencent mal. 9 fois sur 10, on enchaîne les ennuis – enfin, c’est ce qu’on croit – et on se dit : rien d’étonnant, ça avait mal commencé, c’est la loi de Murphy

Je réfléchissais l’autre jour et je me disais que si l’échec n’existe pas, la loi de Murphy et ses copines, la loi des séries et la loi de l’emmerdement maximum, ne peuvent pas vraiment non plus, puisque cela remet la neutralité des évènements au coeur même de notre système. 

Et ça tombe bien parce que cette réflexion peut sauver tes journées qui commencent mal, alors si tu veux y réfléchir avec moi, continue ta lecture.

 

Loi de Murphy

La loi de Murphy, kézako?

La loi de Murphy est souvent confondue avec ses deux autres copines, la loi des séries et la loi de l’emmerdement maximum. La première est la suivante : « If that guy has any way of making a mistake, he will ». Autrement dit, si ça peut foirer, ça foirera. D’ailleurs, elle a fait l’objet d’études plus ou moins sérieuses sur la propension des tartines à tomber du côté beurré. On est donc bien en droit de se demander ce qui arrive quand on fait tomber un chat au dos duquel serait attaché une tartine par exemple.

La loi de l’emmerdement maximum, beaucoup plus empirique, énonce que si quelque chose de fâcheux arrive, quelque chose de bien pire arrivera ensuite. Enfin, la loi des séries nous indique que les ennuies volent souvent en escadrille en terme de temporalité. « Jamais deux sans trois » comme on dit.

C’est donc cette combinaison d’idées qui nous poussent à penser que si une journée commence mal, elle continuera à mal se passer, voire même qu’elle sera de plus en plus contrariante.

Pourquoi on parle de ça aujourd’hui?

 Comme je te le disais en intro, j’étais en train de réfléchir à l’idée que l’échec est une notion subjective et très personnelle, centrée sur le résultat et non sur l’apprentissage. Vu sous cet angle, et en admettant une certaine neutralité des évènements, peut-on vraiment admettre qu’une « loi » y fasse exception? Et surtout, comment interagit-elle alors avec cette notion de neutralité ?

Pour boucler la boucle et tenter d’appliquer la même neutralité, on pourrait penser à la loi de Murphy comme on considère le chat de Shrödinger : Un principe « neutre » qui peut prendre les deux états de manière totalement imprévisible tant qu’on n’est pas devant le fait accompli.

Les effets de la loi de Murphy et de la loi de l’emmerdement maximum

1. Modification de notre perception

D’autant que la loi de Murphy ne sont pas particulièrement agréables à vivre : elles peuvent vite teinter nos journées d’une péllicule de pessimisme. Voir l’exemple du film « Je suis donc tu es » de Maylis Poncin en fin d’article. Ceci dit, l’impact des lois de ce type est surtout lié à notre perception de l’obstacle. 

2. Choix de l’intention pour la suite de la journée  

– Soit en te disant que de toute façon, rien ne marche
– Soit d’un point de vue plus neutre, ton intention est de faire le mieux possible avec les éléments que tu as
– Soit tu te dis que c’est un challenge

3. Prophétie auto-réalisatrice

De ce comportement découle une prophétie auto-réalisatrice. Quelque soit la réaction que tu choisis, tu influences le reste de ta perception en accord avec elle. Du coup quitte à décider de la suite, autant qu’elle soit bonne, non?

Comment faire de ces lois une ressource ?

La première proposition que j’ai à te faire, c’est évidemment de systématiser l’idée de laisser le moins de place possible pour le mauvais fonctionnement, en étant clair et pédagogue dans ce qu’on construit pour les autres, et en communiquant sans partir du principe que l’autre « saura se débrouiller » avec les infos qu’on donne.

Pour la loi de l’emmerdement maximum, c’est une bonne idée de la considérer comme une éventualité, pour éviter de tomber de trop haut et développer sa résilience. Quant à la loi des séries, j’avais déjà évoqué dans un précédent épisode l’idée que j’aimais voir ça comme un sketch dans une caméra cachée pour la dédramatiser.

Finalement, si on voit une situation potentielle, non plus comme un échec ou un chaos potentiel, mais comme un challenge, une énigme à résoudre, de la même manière qu’on peut imaginer que la tartine tombe du côté beurré pour le plaisir de nous contrarier, ou parce que la hauteur de la table le permet, on se rend compte qu’on a une incidence sur ces lois.

De la même manière que l’échec n’existe pas, qu’il n’a que la perspective qu’on lui donne, la loi de Murphy n’existe que si on accepte l’idée qu’elle existe… Donc on peut décider qu’elle n’existe pas pour, à défaut de transformer une journée qui démarre mal en émerveillement, au moins la « libérer » de cette prophétie auto-réalisatrice.

Aller plus loin

Mini-film de Maylis de Poncin – Je suis donc tu es : https://www.youtube.com/watch?v=AbE38wYdtrs